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30 avril 2026
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« Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail »

Chaque année, le 28 avril, la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, portée par l’Organisation internationale du travail, constitue un moment privilégié de sensibilisation aux risques professionnels. Elle offre également l’occasion de rappeler les enjeux juridiques essentiels attachés à la reconnaissance et à l’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles.

La santé et la sécurité au travail ne relèvent pas uniquement d’exigences réglementaires : elles s’inscrivent au cœur de la responsabilité des employeurs et participent directement à la protection de la dignité et de l’intégrité des travailleurs. Les chiffres demeurent, à cet égard, particulièrement préoccupants, avec plusieurs millions de décès chaque année à l’échelle mondiale imputables à des accidents du travail ou à des pathologies d’origine professionnelle.

Sur le plan juridique, la survenance d’un accident du travail ou la reconnaissance d’une maladie professionnelle ouvre droit à une réparation spécifique dans le cadre du régime de sécurité sociale. Toutefois, ce mécanisme demeure partiel, en ce qu’il ne couvre pas l’ensemble des préjudices subis.

Le cadre juridique de la reconnaissance des accidents du travail est défini par les articles L. 411-1 et L. 411-2 du Code de la sécurité sociale. Le premier consacre une définition large, fondée sur la survenance d’un fait accidentel par le fait ou à l’occasion du travail, permettant de présumer son imputabilité à l’activité professionnelle. Le second étend cette qualification aux accidents de trajet, survenus entre le domicile et le lieu de travail ou entre le lieu de travail et le lieu de restauration habituel, sous réserve de l’absence d’interruption ou de détour pour un motif personnel étranger aux nécessités de la vie courante.

S’agissant des maladies professionnelles, leur reconnaissance est régie par l’article L. 461-1 du même code. Une maladie est présumée d’origine professionnelle lorsqu’elle figure dans l’un des tableaux annexés et que les conditions d’exposition au risque sont réunies. À défaut, la reconnaissance demeure possible, sous réserve d’établir le lien direct et essentiel entre la pathologie et l’activité professionnelle, ce qui suppose souvent le recours à une expertise médicale approfondie.

La procédure de reconnaissance des accidents du travail et des maladies professionnelles, engagée auprès de la caisse primaire d’assurance maladie, revêt une importance déterminante en ce qu’elle conditionne l’ouverture des droits à indemnisation.

Ces droits comprennent la prise en charge des dépenses de santé ainsi que de l’incapacité temporaire et permanente (notions distinctes du déficit fonctionnel temporaire et du déficit fonctionnel permanent).

À partir du 1er novembre 2026 au plus tard, une partie de ces droits, attribuée sous la forme d’une rente, sera composée d’une part professionnelle (correspondant au taux d’incapacité permanente multiplié par le salaire annuel) et d’une part fonctionnelle (correspondant au déficit fonctionnel permanent de la victime).

De plus, dans le cas où l’accident du travail serait dû à une faute inexcusable de l’employeur, la victime a le droit de demander à celui-ci l’indemnisation des souffrances physiques et morales, de son préjudice d’agrément, de son préjudice esthétique ainsi que du préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle.

La prévention des risques professionnels revêt une importance capitale. Elle implique la mise en œuvre d’une politique structurée, reposant sur l’identification, l’évaluation et la maîtrise des risques, ainsi que sur l’implication conjointe de l’employeur, de l’encadrement et des salariés. Cette exigence s’inscrit dans le cadre de l’obligation de sécurité pesant sur l’employeur, désormais analysée comme une obligation de prévention renforcée.

La prévention apparaît ainsi comme un enjeu non seulement humain, mais également contentieux.

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